« Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées, et que vous nous enseignez par votre Église, parce qu’étant la Vérité même vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper. » (Acte de Foi)

«Celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi, puisqu'il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu'Il est la souveraine vérité et le motif propre de la foi »(Léon XIII, Satis cognitum).

25/07/2010

Neuvième dimanche après la Pentecôte 2010

  • Père Joseph-Marie:

Sermon pour le 9ème dimanche après la Pentecôte (2 août 2009) : Sur la prière.

D'autres sermons au prieuré de Bethléem:
http://prieure2bethleem.free.fr/?page_id=97


  •  Abbé Marchiset:
25 juillet 2010
" Neuvième dimanche après la Pentecôte "
La mise en garde de l'Église contre l'idolâtrie. Les causes et les conséquences de l'idolâtrie actuelle.


La liturgie d'aujourd'hui insiste sur les châtiments terribles que la justice de Dieu infligera un jour à ceux qui auront renié le Christ. Ils périront tous et aucun d'eux n'entrera dans le royaume des cieux. Ceux au contraire qui, au milieu de toutes les adversités de cette vie, auront été fidèles à Jésus, seront un jour aussi arrachés aux mains de leurs ennemis et ils entreront à sa suite dans le ciel où il est allé lors de son Ascension, dont l'Église a célébré la fête au temps pascal. Ces pensées sur la justice divine sont dictées en ce 9e Dimanche après la Pentecôte par la lecture que la liturgie fait de l'histoire du prophète Élie dans le Bréviaire.

Après la mort de Salomon les douze tribus d'Israël se scindèrent, en deux grands royaumes, celui de Juda et celui d'Israël. Le premier fut constitué par les tribus de Juda et de Benjamin, et eut pour capitale Jérusalem. Le second se composa de dix tribus et eut pour capitale Sichem, puis Samarie.

C'est à ce dernier royaume qu'appartenait le prophète Élie qui habitait le désert de Galaad en Samarie. Homme vertueux et austère, il était vêtu d'une tunique de poils de chameaux tressés, avec une ceinture de cuir autour des reins. "Plein de zèle pour le Dieu des armées", il sortit trois fois du désert pour menacer le roi Achab, 7e roi d'Israël, et la reine Jézabel qui avaient entraîné le peuple vers l'idolâtrie ; pour faire mettre à mort les 450 prophètes de Baal qu'il confondit sur le Mont-Carmel, et pour annoncer au roi, qui avait pris la vigne de Naboth, qu'il mourrait baigné dans son sang, et à la reine, qui avait été le mauvais génie d'Achab, que son sang coulerait là où le sang de Naboth avait coulé et que les chiens dévoreraient sa chair.

Pour tous ces motifs, Élie fut persécuté par les Israélites, par Achab et par Jézabel et dut s'enfuir au mont Horeb pour échapper à la mort. Lorsque plus tard Ochosias, fils d'Achab devint roi, Élie lui fit dire de ne pas consulter Béelzébub, le dieu d'Accaron, comme il en avait l'intention, mais bien le Dieu d'Israël. Ochosias lui envoya alors un chef avec cinquante soldats pour le sommer de descendre de la montagne et de venir lui rendre compte de ses paroles, Élie répondit au chef : " Si je suis un homme de Dieu qu'il descende un feu du ciel et qu'il te dévore toi et les cinquante. C'est pourquoi il descendit un feu du ciel et il les dévora, lui et les cinquante hommes ".

Plus tard, Élie partit vers le Jourdain avec Élisée, et lorsqu'ils eurent traversé ce fleuve, voici qu'un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre et Élie monta au ciel dans un tourbillon. Élisée se revêtit alors du manteau qu'Élie avait laissé tomber et il reçut double part de son esprit. Et tous les disciples d'Élie dirent : " L'Esprit d'Élie repose sur Élisée ". Et tandis qu'Élisée montait à Béthel, des petits garçons se moquèrent de lui en lui disant : " Monte, chauve ! monte, chauve ! " Et Élisée les maudit au nom de Dieu qu'ils offensaient et deux ours sortirent de la forêt et déchirèrent quarante deux de ces enfants.

Toute sa vie Élie avec sa parole de feu, vengea les droits de Dieu. Plus tard Jean Baptiste " rempli de l'esprit et de la vertu d'Élie " se présenta, vêtu comme lui et habitant comme lui au désert, et il défendit de la même voix véhémente les mêmes droits de Dieu et il annonça la séparation que le Christ, qui vient, fera de la paille d'avec le bon grain. " Il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteindra pas ".

" Élie , dit saint Augustin, représentait Notre-Seigneur et Sauveur. Élie souffrit persécution de la part des Juifs ; Notre-Seigneur, le véritable Élie, fut rejeté et méprisé de ce même peuple. Élie quittat son pays, le Christ abandonna la synagogue et accueillit les gentils ". Dieu arracha Élie à ses ennemis en l'élevant au ciel ; Dieu ôta de même le Christ au milieu de ses ennemis et le fit monter au jour de l'Ascension au ciel. " Délivrez-moi de mes ennemis, ô mon Dieu, dit l'Alleluia et mettez-moi hors de l'atteinte de ceux qui s'élèvent contre moi ". Élie, emporté dans un char de feu, est, aux dires des Pères, la figure de Jésus montant au ciel. Aussi le Graduel est-il ce verset du Psaume 8 que la liturgie emploie au jour de l'Ascension : " Seigneur, notre Dieu, que votre nom est admirable dans toute la terre ; car votre magnificence, s'élève au-dessus des cieux ". Et l'Introït ajoute : " Voici que Dieu vient à mon aide et que le Seigneur accueille mon âme. O Dieu, sauvez-moi en votre nom et délivrez-moi en votre puissance ".

Ce triomphe de Jésus sur ceux qui le haïssaient, figuré par celui d'Élie sur ceux qui le méprisaient, sera aussi le nôtre si nous " ne tentons pas le Christ ", c'est-à-dire si nous évitons " l'idolâtrie, l'impureté et le murmure " en étant fidèles à la grâce. Car " si Jésus continue à s'immoler sur nos autels pour nous appliquer les fruits de sa rédemption ", et si, " en mangeant sa chair et en buvant son sang, nous demeurons en lui et lui en nous " c'est pour que, " unis à lui ", " nous gardions fidèlement ses commandements qui sont plus doux que le miel ".

S. Paul nous dit en effet que " Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, mais avec la tentation nous donnera aussi le moyen d'en sortir afin que nous puissions persévérer ". Supplions donc le Seigneur " d'ouvrir les oreilles de sa miséricorde aux prières que nous lui adressons et de faire en sorte que nous ne lui demandions que ce qui lui est agréable, afin que toujours il puisse nous exaucer ".
Mais la justice divine ne se contente pas de protéger le juste contre ses ennemis et de le récompenser pour sa fidélité, elle punit aussi ceux qui font le mal. Élie menaça le royaume d'Israël infidèle et fit tomber le feu du ciel sur ses ennemis ; " les Israélites qui tentèrent le Christ par leurs murmures, périrent par les serpents de feu " et Jérusalem sur laquelle Jésus pleura et qu'il menaça d'un châtiment parce qu'elle le rejetait, fut détruite par la guerre et l'incendie. " Vingt-trois mille Hébreux périrent en un seul jour à cause de leur impureté, et beaucoup furent frappés de mort par l'Ange exterminateur à cause de leurs murmures. " " Toutes ces choses, explique S.Paul, leur arrivaient en figure et elles ont été écrites pour notre instruction ".

Plus d'un million de Juifs périrent lors de la destruction de Jérusalem, parce qu'ils avaient refusé le Messie et dans l'Évangile, Jésus a toujours assimilé cette fin tragique aux catastrophes qui marqueront la fin des temps lorsque Dieu viendra juger le monde par le feu. A ce moment le divin Juge opérera la séparation des bons d'avec les méchants et tandis qu'il récompensera les premiers, il éloignera du royaume de Dieu tous ceux qui l'auront renié par leur incrédulité et leurs péchés, comme il expulsa du Temple, qui est la figure de l'Église terrestre et céleste, les marchands qui avaient transformé cette maison de Dieu en une caverne de voleurs.

" Que le mal retombe sur mes adversaires, demande le Psalmiste, et, fidèle à votre parole, anéantissez-les, ô Dieu, mon protecteur ! ". Alors, en effet, le temps de la miséricorde aura passé et il n'y aura plus que celui de la justice. " Que maintenant donc celui qui croit être debout prenne garde de tomber ", dit l'Apôtre.


Commentaire de l'Épître :
Les Israélites, dans le désert, ont tenté le Christ parce que, comme on peut le conclure du passage qui précède cette Épître et qu'on lit à la Septuagésime, la Mer Rouge et la nuée, dans lesquelles ils furent baptisés, figuraient le baptême qui incorpore au Christ ; la manne dont ils furent nourris annonçait l'Eucharistie qui achève cette incorporation ; et l'eau du rocher qu'ils burent désignait toutes les grâces dont le Christ fut la source pour les Hébreux comme il continue à l'être pour tous les hommes. L'idolâtrie envers le veau d'or, le mécontentement de ne pas avoir d'autre nourriture que la manne et toutes les infidélités du peuple de Dieu constituaient donc vraiment ce que S. Paul appelle " tenter le Christ ", car c'était en quelque sorte le renier que de mépriser les bienfaits que Jéhovah leur accordait en prévision des mérites de son Fils.


Commentaire de l'Évangile :
" Que le Seigneur attristé, dit S. Grégoire, ait prédit la ruine de Jérusalem, ruine dont Vespasien et Titus, princes romains, furent les auteurs, personne d'entre ceux qui ont lu l'histoire de cette même destruction ne l'ignore. Pour quelle faute a été portée la peine de la destruction ? " Parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée ", dit Notre-Seigneur. En effet, le Créateur a daigné visiter cette ville lorsqu'il s'est incarné, mais Jérusalem ne s'est pas souvenue de le craindre ni de l'aimer. Si cette ville perfide avait connu la ruine qui la menaçait, elle aussi aurait pleuré au lieu de s'adonner à la volupté, en ce jour qui était sien encore, et où elle avait Jésus qui pouvait lui assurer la paix. L'âme perverse pleurerait aussi sur ses péchés si elle savait les peines éternelles qui la menacent.


Homélie de saint Grégoire Pape
Que le Seigneur, en pleurant, décrive cette destruction de Jérusalem qui fut l'oeuvre des chefs romains Vespasien et Titus, cela n'est ignoré d'aucun de ceux qui en ont lu l'histoire. Ce sont bien les chefs romains qui sont désignés, quand il est dit : Voici venir pour toi des jours où tes ennemis t'environneront de tranchées. Et les paroles qui suivent : Ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, attestent d'avance le déplacement de cette même ville. Car si elle est maintenant bâtie au lieu où le Seigneur a été crucifié en dehors de la porte (Hébr 13, 12 ), c'est que la première Jérusalem, ainsi que le disent les paroles précitées, a été renversée de fond en comble.



(Tiré d'un vieux missel)

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