« Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées, et que vous nous enseignez par votre Église, parce qu’étant la Vérité même vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper. » (Acte de Foi)

«Celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi, puisqu'il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu'Il est la souveraine vérité et le motif propre de la foi »(Léon XIII, Satis cognitum).

13/02/2013

Petit catéchisme sur le carême et la pénitence.

1. Qu’est-ce que le carême ? 

Le mot « carême » vient du latin « quadragesima » qui signifie quarantaine. Le carême est un temps liturgique particulier qui dure une quarantaine de jours et qui prépare les fidèles aux célébrations pascales. Le carême commence le Mercredi des Cendres et se termine avec la fête de Pâques (et pour être encore plus précis les deux dernières semaines du Carême sont appelées temps de la Passion). Les dates du carême varient donc en fonction de la date de Pâques qui est calculée sur le cycle lunaire.

2. Quel est le sens du Mercredi des Cendres ? 

Ce premier jour du carême est particulièrement pénitentiel. En participant à la cérémonie de l’imposition des Cendres, nous exprimons avec humilité notre volonté de nous convertir et de mettre davantage notre vie en accord avec les enseignements du saint Evangile.

3. Que symbolisent les cendres ? 

Les cendres sont obtenues en brûlant les rameaux qui avaient été bénits l’année précédente, le dimanche des Rameaux. Elles symbolisent la fragilité de la condition humaine, marquée par la mort en conséquence du péché originel ; elles signifient aussi que nous nous humilions devant Dieu en reconnaissant nos fautes personnelles ; elles expriment notre supplication pour que Dieu nous vienne en aide et nous renouvelle.

4. Pourquoi 40 jours ? 

Le chiffre 40 porte une dimension symbolique très forte dans l’Ancien Testament : les pluies du déluge durèrent 40 jours ; après sa sortie d’Egypte, le peuple hébreu vit au désert pendant 40 ans ; Moïse reste 40 jours face à face avec Dieu sur le Mont Sinaï avant de redescendre avec les Tables de la Loi ; le prophète Elie marche pendant 40 jours dans le désert… etc.
Notre-Seigneur Jésus-Christ, après son baptême par Jean dans le Jourdain et avant de commencer sa vie publique, se retire pendant 40 jours dans le désert, y pratiquant un jeûne intégral, priant et affrontant directement la puissance du diable. La liturgie met en rapport ces quarante jours du Christ luttant dans le désert contre le démon avec le mystère de notre Rédemption accomplie par la victoire de la Croix.
Tentation du Christ au désert
Tentation de Jésus au désert (chapiteau d’Autun).

5. Depuis quand le carême existe-t-il ?

La plupart des commentateurs modernes sous influence moderniste prétendent que le carême aurait été institué par l’Eglise au IVème siècle, mais ce n’est pas l’avis des anciens : les Pères de l’Eglise affirment que le carême a été institué par les Apôtres eux-mêmes. Saint Augustin écrit que ce dont on constate l’existence dans toutes les Eglises sans qu’on puisse montrer à quel moment cela y a été établi est d’institution apostolique.

6. A quoi nous invite l’Eglise pendant le carême ?

L’Eglise nous invite à faire du Carême une espèce de retraite spirituelle au cours de laquelle nous faisons un plus grand effort d’attention à Dieu, par la méditation et la prière, un effort de plus grande attention aux autres par la charité, et un effort de mortification personnelle qui est une manière de porter une plus grande attention à notre véritable dignité. Le carême est un moment très important pour la purification de nos coeurs et pour une croissance qualitative de notre vie chrétienne.

7. Quelles sont les pratiques particulières du carême ?

Le carême est un temps de pénitence et de renouveau intérieur au cours duquel sont prescrits le jeûne et l’abstinence, une intensification de la vie de prière et une pratique plus marquée des oeuvres de charité, spécialement l’aumône. Les églises d’Orient ont conservé une discipline alimentaire extrêmement ancienne et très stricte, alors que dans l’Eglise latine la pratique actuelle du jeûne quadragésimal (=du carême) a été considérablement assouplie. L'Institut Mater Boni Consilii qui reste fidèle à la loi en vigueur à la mort de Pie XII même si on peut penser que cette loi n'oblige plus sous peine de péché en raison de la confusion et des coutumes contraires depuis 40 ans. 
La loi de Pie XII prescrit le jeûne durant 40 jours (tous les jours de Carême sauf les dimanches), l'abstinence le mercredi des Cendres, le mercredi des quatre-temps et les vendredi et samedi de carême (voir notre site ou le calendrier de mars pour tous les détails).
Même pour ceux qui veulent appliquer les dispenses largement accordées à la fin du pontificat de Pie XII, ces dispenses ne sont cependant pas une invitation au laisser allerElles déterminent le minimum obligatoire pour tous, mais elles n’obligent pas à se contenter du minimum. Il est donc louable, en fonction de la situation et des possibilités de chacun, de continuer à pratiquer une véritable ascèse alimentaire et une plus grande austérité de vie. Tous, même ceux dont l’état de santé ou l’âge ne permettent pas un jeûne alimentaire rigoureux, doivent observer un esprit de pénitence et de conversion.

8. Quelles sont les obligations d’un catholique pendant le carême ?

En plus des obligations concernant le jeûne et l'abstinence, mentionnons l’obligation – en fin de carême — de la communion pascale (à cette occasion, les fidèles ont à coeur de la préparer par une bonne confession).

9. Dans quel esprit doit-on pratiquer le jeûne et l’abstinence ?

Pour un coeur véritablement chrétien, le jeûne et l’abstinence ne sont pas des choses sans importance et vont bien au-delà du simple aspect de la « privation d’aliment ». Si le jeûne et l’abstinence ne sont qu’un exercice « physique » ou « diététique », ils n’ont pas de valeur spirituelle (« Pénitence de bête » dit St Jean de la Croix)… Ce qui leur confère un sens, c’est d’abord l’esprit d’obéissance à Dieu, à travers Son Eglise qu’il a instituée pour nous indiquer les voies du salut. Cet esprit d’obéissance témoigne de la vérité de notre amour. En effet, la meilleure preuve d’amour que nous puissions donner à quelqu’un c’est d’être capable de renoncer à quelque satisfaction personnelle pour lui.
Le jeûne et l’abstinence du chrétien sont une ascèse qui tend à rétablir la domination de l’âme sur le corps, alors que bien souvent – par la sensualité -- c’est notre corps qui domine l’esprit et entraine l’âme dans la désobéissance aux préceptes divins. En étant soumis au jeûne, le corps est replacé dans sa vraie position : celle de serviteur de notre esprit. Ainsi le jeûne manifeste-t-il la remise en ordre de tout notre être : le corps soumis à l’esprit et l’esprit soumis à Dieu par amour. Ainsi jeûne et abstinence sont-ils des moyens concrets par lequel l’Eglise nous permet de croître dans le véritable esprit de pénitence.

10. Qu’est-ce que la pénitence ?

Le mot pénitence, du latin « paenitentia », est la traduction du mot grec « métanoia » qui signifie « conversion » (littéralement : « changement d’esprit »). Faire pénitence , c’est changer de vie en se détournant du mal et de ce qui nous entraine au mal, pour se tourner vers Dieu dont on s’était éloigné.
Nous sommes tous pécheurs : la pratique de la pénitence, par des actes intérieurs et extérieurs, nous permet de réparer l’injustice du péché : injustice envers Dieu, injustice envers nos frères et injustice envers notre propre dignité d’enfant de Dieu. La pénitence est indissociable du regret profond du mal que nous avons commis et de la résolution d’éviter le péché à l’avenir.
Notre-Seigneur a institué et confié à Son Eglise un sacrement pour nous aider dans notre démarche de conversion : c’est le sacrement de pénitence, appelé communément confession. En faisant au Christ Lui-même, qui agit à travers son prêtre, la confession de nos péchés nous libérons notre conscience de ce qui lui pèse et nous sommes soulagés des fardeaux qui entravent notre marche vers Dieu. La confession sacramentelle est obligatoire au moins une fois par an, par exemple en carême pour se préparer à Pâques. Une bonne confession doit être claire, concise, concrète et complète.

11. Quelles sont les manifestations de la pénitence ?

La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Ecriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière et l’aumône, qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain, l’intercession des saints et la pratique de la charité ‘qui couvre une multitude de péchés’ (1ère épître de St Pierre IV, 8).

Il faut aussi se souvenir que c’est la mesure avec laquelle nous pardonnons aux autres qui sera la mesure avec laquelle Dieu nous pardonnera nos propres fautes : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous-mêmes nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». La pratique du pardon entre donc aussi dans notre démarche de conversion personnelle.
Enfin l’exercice de la charité envers nos frères est résumé dans ce que l’on appelle depuis la plus haute antiquité les « oeuvres de miséricorde » (en voir la liste ci-dessous).

12. Quelles sont les oeuvres de miséricorde ?

On distingue les oeuvres de miséricorde spirituelles et les oeuvres de miséricorde corporelles.
Les oeuvres de miséricorde spirituelles sont :
Enseigner l’ignorant.
Conseiller celui qui en a besoin.
Corriger l’égaré.
Pardonner les injures.
Consoler le triste.
Souffrir avec patience les adversités et les faiblesses du prochain.
Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
Les oeuvres de miséricorde corporelles sont :
Visiter le malade.
Donner à manger à celui qui a faim.
Donner à boire à celui qui a soif.
Secourir le captif.
Vêtir celui qui est sans vêtement.
Accueillir le pèlerin.
Enterrer les morts.

13. Quels sont les exercices de dévotion qui conviennent spécialement au carême ?

Ce sera, si possible, l’assistance aux offices liturgiques de manière plus assidue (en plus du dimanche et des jours de précepte), et la réception plus fréquente des sacrements de pénitence et d’Eucharistie ; la lecture et la méditation de la Sainte Ecriture, en particulier dans les textes de la liturgie (lire tous les jours en carême les textes de la Messe du jour est particulièrement utile pour suivre l'esprit des Ecritures et de l'Eglise), la méditation de la Passion de Notre-Seigneur (spécialement par la pratique du Chemin de la Croix), la participation à des pèlerinages… etc.
Il sera bon aussi de prendre (ou reprendre) des résolutions au tout début du carême, éventuellement avec les conseils d'un prêtre.

14. Quels sont les fruits d'un bon carême ?

Celui qui vit bien le carême se rapproche de Dieu et grandit en vertu et en grâce. L’effort qu’il fait pour répondre aux appels à la conversion que Notre-Seigneur lui adresse personnellement à travers Son Eglise est également l’occasion d’obtenir des grâces et des bénédictions de Dieu pour toute l’Eglise et pour tous les besoins de l’humanité, en vertu du mystère de la communion des saints.

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